Succombe qui doit


Émission / Critique du 1 janvier 2015

Succombe qui doit

Série : KSTR

Succombe qui doit

Scénariste : Antoine Ozanam

Dessinateur : Rica

Couleur : Rica

Editions : Casterman

Date de sortie : 08/01/2014

 

 

 

 

Un groupe de braqueurs se retrouve dans une vieille casse pour se planquer le temps que les recherches se calment. Nos trois individus, dont un blessé au masque de pacotille, menacent le vieil homme s’occupant de la ferraille rouillée s’il ne suit pas la règle du jeu. Ils oublient juste un conseil de vieux routier, « renseigne toi avant de jouer au con et de squatter n’importe où. » Le vieux bonhomme est juste hanté par un passé qui remonte si loin et des fantômes si terrifiants que réveiller la bête pourrait nuire à leur tranquillité. Ce n’est pas le mouton que l’on conduit à l’abattoir en l’écoutant bêler, c’est un loup endormi qui se réveille, bien décidé à ne pas laisser la meute des jeunes chiots en rut mener la danse. Le bal risque de s’achever en tas de cendres et dans un bain de sang où la marée rouge emportera les illusions de chacun. La fin ne satisfera personne, surtout quand les vieux démons, les fautes passées, les écueils d’hier, les haines et la vengeance inassouvie montrent leurs crocs.

 

 

 

En partant sur une trame classique qu’ils décomposent et remanient avec brio, Ozanam et Rica nous proposent une bd digne des romans noirs les plus durs. Ils mélangent avec habileté les différentes époques et temps de la narration, jouant entre passé et présent pour nous surprendre. Le récit s’ouvre sur une séquence choc, images taillées à la lame froide du crime, mains ensanglantées, route flot de rouge donnent le ton. Nous comprenons qu’un homme expie une faute, un manquement à la morale criminelle.

Puis c’est un visage de monstre, masque d’Halloween nous ramenant au présent des braqueurs réfugiés dans une casse. Retour à la trame classique très vite démonté par ce qui suit. Sans cesse ils s’appuient sur des thématiques propres au polar –  le boxeur, le vieux cachant un passé louche, etc. A chaque fois ils nous manipulent avec délice, tirent plus sur le roman noir, pour aborder le rôle du père, la filiation, la vengeance, la rédemption.

 

 

Une collection et des auteurs coutumiers du fait qui une fois de plus arrivent à nous surprendre. Rica offre au récit la force de son dessin violent comme un KO sur le ring aux couleurs rouge sang, sombre comme la nuit tombant sur la casse endormie où les rats courent dans le métal et la chair.

Patrick Van Langhenhoven




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