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Castlewitch Le grand effaroucheur

Scénariste

Nicolas Jarry

Déssinateur

François Gomès

Coloriste

Sandrine Cordurié

Edition

Soleil

Date de sortie

17 janvier 2024

castlewitch le grand effaroucheur 2
castlewitch le grand effaroucheur 1

A Castlewitch, certains enfants possèdent un compagnon imaginaire qui les suit pendant toute leur enfance. Celui de Malo notre héros, s’appelle Afn’urr. Dans l’épisode précédent, Malo et sa bande terrassent un groupe de maléfiques, non sans risque. Les maléfiques sont d’anciens imaginaires devenus méchants en absorbant l’énergie de leurs partenaires. Malo, Farah, Sam, Poby et Jules continuent de s’entrainer en secret, sachant que dans l’ombre, le mal se prépare pour une nouvelle confrontation. L’arrivée d’une petite nouvelle à l’école, Irina, ne laisse pas notre Malo indifférent. Elle possède un compagnon en cours de transformation, un maléfique qu’elle arrive à contenir. Perdre son imaginaire, c’est aussi abandonner tout un pan des souvenirs de l’enfance. C’est le dernier lien qu’il lui reste entre sa mère disparue et ce monde. Les avis de la bande sont partagés et bientôt, Malo se retrouvera isolé face à la grande menace. Un nouvel allié pourrait bien leur sauver la mise pour affronter le maléfique le plus puissant, un grand Effaroucheur !

Nicolas Jarry construit un univers et des compagnons imaginaires, mélange de Pokémons, de Légendaires, avec un soupçon de créatures issues des contes de nos grands-mères. Chaque tome traite aussi, en toile de fond, d’un sujet plus profond comme le harcèlement, avec le nouveau venu dans un groupe dans le dernier tome. C’est la difficulté de se construire quand on découvre le monde des adultes à hauteur de ces jeunes années. Le deuil est une thématique présente dans les deux premiers tomes avec Malo et Irina. La figure maternelle, disparue trop tôt, hante la série, une blessure qui ne se referme jamais. Le reste appartient à l’innocence de l’enfance confrontée aux obstacles de la société pour devenir un adulte. Ces derniers ne sont pas forcément des exemples à suivre. Ils semblent en apparence avoir abandonné la lutte pour se laisser porter par la vie. Malo, comme les autres enfants aux problématiques familiales différentes, n’a pas d’autre choix que ce compagnon imaginaire pour affronter la vie.

C’est sur cette base que l’histoire déroule un univers plutôt manichéen dans le premier tome et plus gris dans le second. Dans les premiers printemps de notre existence, nous avons peut-être tendance à classer le monde entre bien et mal, lumière et ténèbres. Les adultes apparaissent comme une terre incompréhensible, inaccessible et lointaine. L’univers de Nicolas Jarry ne bouscule pas les fantômes de notre enfance, ni les univers et les monstres inspirés des mythologies qui nous enchantaient. C’est un conteur et il sait construire un récit enchanteur. François Gomès lui offre un dessin travaillé et fouillé, aux décors riches en petits détails. Ces monstres sont plus issus du bréviaire populaire du folklore et des contes de notre enfance que de l’univers du manga. Sandrine Cordurié compose une palette de couleurs aux tonalités mélangées, apportant du relief et de la symbolique avec le choix du vert et marron récurrents. Ce deuxième album confirme tout le bien que nous pensons de cette saga pour enfants qui saura charmer les adultes.

Patrick Van Langhenhoven