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La véritable histoire du Far West Chef Joseph

Scénariste

François Cortéggiani

Déssinateur

Gabriel Andrade

Coloriste

Piky Hamilton

Edition

Glénat

Date de sortie

11octobre 2023

chef joseph glénat 8
chef joseph glénat 1

Mon fils… Quand je serai parti, tu seras le chef de ce peuple. Souviens-toi toujours que ton père n’a jamais vendu sa terre… Cette terre renferme les ossements de ton père. Ne vends jamais les os de ton père et de ta mère.”

A l’image de Gandhi, chef Joseph préfère la non-violence à la lutte armée. Il résiste au grand-père blanc qui souhaite l’exiler loin de la belle vallée de Wallola en Orégon. Une nouvelle fois, les colons, entre des terres luxuriantes et l’appât de l’or, réclament le départ des Nez-Percés. Il n’avait pas suffi en 1838 pour les Cherokees de Nunna daul Isunyi, « La piste où ils ont pleuré », plus connu sous le nom de la piste des larmes. Leur exil marquait les prémices d’un exode qui finirait avec les Cheyennes en 1878. Little Big Horn représentait le début de la fin. Pour l’instant, Joseph espère rejoindre ses alliés, les Crowns pour vivre sur leur territoire. Ce sont les jeunes de la tribu qui mettent le feu aux poudres, donnant le prétexte à l’armée pour forcer l’exil des Nez-Percés. Devant la poussée des colons, le Gouvernement américain n’a pas d’autre choix que de déplacer les Indiens. Comme toujours, il propose une terre qui les forces à abandonner leur vie communautaire et leurs traditions pour devenir sédentaires comme l’homme blanc.

« Ne vous méprenez pas sur mon intérêt pour la terre. Je n’ai jamais dit que la terre était à moi pour en faire ce que je veux. Celui qui a le droit d’en disposer est le Créateur. Je réclame le droit de vivre sur ma terre et je vous accorde le privilège de vivre sur la vôtre. La terre est la Mère de tous les peuples. » (Chef Joseph)

L’objectif est clair, briser les tribus nomades, les sédentariser et les christianiser. Chef Joseph, refusant la guerre et ses conséquences qu’il devine mortelles pour son peuple, choisit l’exode. Commence pour plus de 700 femmes et enfants une longue marche à travers des territoires montagneux difficiles. Ils effectuent un périple de plus de 2000 kilomètres, pourchassés par l’armée, à travers l’Idaho, le Wyoming et le Montana, pour rejoindre le Canada. Le chef ne pourra pas refuser la confrontation au risque d’un bain de sang. L’armée poursuit une tribu fantôme en quête de sa revanche sur Little Big Horn. Il n’y a aucune porte de sortie pour le Chef Joseph. Les accords passés ne sont que fumée s’envolant dans le ciel bleu de la Wallola. A bout de souffle, à quelques kilomètres de leur objectif, ils finiront par capituler. Il tentera une dernière fois de retrouver ses terres en allant à Washington.

« Les bonnes paroles ne durent pas longtemps (…) Les bonnes paroles ne ramèneront pas les morts de mon peuple. Elles ne me rendront pas ma terre, maintenant envahie par les hommes blancs (…)

Les bonnes paroles ne donneront pas un foyer à mon peuple où il pourrait vivre en paix pour s’occuper de lui-même. Je suis fatigué de parler et que ça ne mène à rien. Cela me rend malade quand je me souviens de toutes les bonnes paroles et des promesses non tenues. Vous ne pouvez pas plus espérer voir les rivières remonter à leur source que de voir un homme né libre qui soit heureux enfermé et parqué en lui refusant la liberté d’aller où il veut. » Il meurt de tristesse le 21 septembre 1904 dans la réserve de Colville dans l’État de Washington. François Cortéggiani nous propose un scénario puisant aux sources de l’Histoire pour nous rappeler la grandeur d’esprit du chef Joseph et des Nez-Percés. Gabriel Andrade est aussi à l’aise dans les scènes de montagne aux paysages rudes qu’il sublime, que dans les séquences de batailles qu’il mène avec fougue. Ce cinquième titre de la collection confirme une qualité constante pour redécouvrir le Far West de notre enfance, loin des légendes, au cœur de l’Histoire, dépassant la fiction.

Patrick Van Langhenhoven